Pourquoi dit-on que le bazar d'Izmir a été bâti sur la mer ?
Parce que c'est littéralement le cas. Kemeraltı n'est pas un vieux quartier conservé : il s'est formé entre 1650 et 1670 par comblement d'anses peu profondes de la baie. En 2016, des fouilles à l'entrée du bazar l'ont confirmé. C'est ce remblai qui explique la densité du quartier : mosquées, caravansérails et ruelles couvertes tiennent tous sur quelques centaines de mètres, parce qu'ils ont été posés d'un coup sur un terrain neuf.
Éphèse et Çeşme sont-ils à Izmir ?
Non, et c'est le piège principal de cette destination. La province d'Izmir est immense : Selçuk et Éphèse sont à environ 75 km au sud, Çeşme et Alaçatı à environ 85 km à l'ouest. Beaucoup d'hébergements sont pourtant vendus comme « Izmir ». Nos douze adresses sont toutes dans la ville — nous avons notamment écarté un Ramada situé à Aliağa, commune distincte à une cinquantaine de kilomètres. Comptez une journée entière pour Éphèse, une autre pour Çeşme.
Quelles mosquées voir à Izmir ?
Trois, et elles tiennent dans la même promenade. La Hisar (1592-1598), la plus grande du centre, avec sa coupole sur huit gros piliers. La Kestanepazarı (1667-68), dont le mihrab est encadré de colonnes ioniennes en marbre noir — un détail qu'on ne voit nulle part ailleurs en ville. Et la Salepçioğlu (1897-1905), sur deux niveaux avec sa medrese au rez-de-chaussée : c'est la seule mosquée historique d'Izmir dont le minbar porte une inscription datée.
Où dormir à Izmir ?
Notre choix est l'Emens Hotel : 9,0 sur 1 701 avis, le meilleur duo note-volume de la ville, à Basmane — donc à la porte de Kemeraltı. Si le budget monte, l'Izmir Marriott affiche 9,1 sur 1 673 avis à Alsancak. Pour le meilleur rapport, le ROİ Hotel : 9,0 à 66 €. Et pour dormir sur le Kordon, face à la baie, le Park Inn (8,2 seulement, nous le disons) ou le Key Hotel, installé dans un ancien bâtiment bancaire et noté 9,4.
Qu'est-ce que le Kızlarağası Hanı ?
Le caravansérail du chef des eunuques du harem impérial. Il a été édifié en 1744 et achevé en 1745 à la commande de Hacı Beşir Ağa, kızlar ağası — l'une des charges les plus puissantes de l'Empire —, sous les règnes d'Ahmed III et de Mahmud Iᵉʳ. Il est au cœur de Kemeraltı et se visite librement : boutiques au rez-de-chaussée, galeries à l'étage, cour centrale où l'on boit le thé. Il en reste peu de semblables : après l'incendie de 1922, une douzaine de hans seulement subsistait sur les centaines que comptait la ville.
Quel quartier choisir à Izmir ?
Basmane pour le bazar, Alsancak pour le front de mer. Basmane et İsmet Kaptan mettent Kemeraltı et ses trois mosquées à distance de marche — c'est le choix si vous venez pour la vieille ville. Alsancak, ancien quartier levantin, donne sur le Kordon et ses 3 200 mètres de promenade. Évitez Gaziemir si vous n'avez pas de voiture : c'est le district de l'aéroport, à l'écart du centre — notre adresse là-bas le signale.
Combien de temps rester à Izmir ?
Trois à quatre nuits. Deux jours pour Konak-Kemeraltı et le front de mer — le bazar mérite qu'on y traîne, et la traversée en vapur vers Karşıyaka, assurée depuis 1874, se prend sans se presser. Puis une journée entière pour Éphèse et Selçuk, et une autre pour la presqu'île de Çeşme. Ces deux dernières sont des excursions, pas des demi-journées.
Comment se rendre à Izmir ?
Par l'aéroport international Adnan Menderes (ADB), à 18 km au sud-ouest du centre : c'est le cinquième aéroport de Turquie, avec 12,665 millions de passagers en 2025, et il est bien relié à l'Europe. Le train relie ensuite l'aéroport au centre. Izmir est aussi accessible en train depuis Ankara, et la gare d'Alsancak — la plus ancienne de Turquie, achevée en 1858 — dessert toujours la ligne d'Aydın.
Quelle est la meilleure période pour visiter Izmir ?
Avril à juin, puis septembre-octobre. Climat méditerranéen : les étés sont chauds et secs, entre 27 et 32 °C en moyenne, ce qui rend Kemeraltı éprouvant en plein après-midi de juillet ; les hivers sont doux, autour de 10 °C. Ces deux fenêtres permettent d'enchaîner la ville et les excursions vers Éphèse ou Çeşme sans souffrir de la chaleur.
Que manger à Izmir ?
Le boyoz : un feuilleté à l'huile et au tahini, d'origine séfarade — apporté par les juifs d'Espagne après 1492 — et protégé par l'indication géographique « İzmir Boyozu », limitée à la province. C'est un petit-déjeuner, et il se mange debout. Comme partout en Turquie, la viande est halal par défaut. Une précision honnête : nous ne qualifions aucun de nos hôtels de « sans alcool », plusieurs en servent.