Qu'y a-t-il à voir à Ankara si l'on n'aime pas les musées ?
La colline d'Ulus, et elle se marche. La citadelle enferme environ 350 × 150 m, avec des murs bâtis sur des pierres de réemploi romaines qu'on repère à l'œil nu. En contrebas, la mosquée Aslanhane de 1290 et ses vingt-quatre colonnes de bois, classée UNESCO en 2023 ; puis le temple d'Auguste accolé à la mosquée Hacı Bayram. Sept siècles sur deux kilomètres, sans entrer nulle part si vous n'en avez pas envie.
Pourquoi la mosquée Aslanhane est-elle classée à l'UNESCO ?
Parce qu'elle est en bois. Bâtie en 1289-1290 par les frères Ahi Hüsameddin et Ahi Hasaneddin, elle n'a ni coupole ni marbre : vingt-quatre colonnes de bois portent un plafond de bois, sur un plan basilical d'environ 21,5 × 25 m, avec un mihrab en stuc. C'est une charpente, et elle tient depuis sept siècles. L'UNESCO l'a inscrite en 2023 au titre des mosquées hypostyles en bois d'Anatolie. Elle se visite librement hors heures de prière.
Est-il vrai qu'un projet refusé à Ankara est devenu la mosquée Faisal ?
Oui. Le projet moderniste de l'architecte turc Vedat Dalokay avait été retenu pour la mosquée de Kocatepe, puis abandonné après une levée de critiques — jugé « trop moderne ». Une version modifiée de ce projet écarté a servi de base à la mosquée Faisal d'Islamabad, achevée en 1986. La mosquée finalement bâtie sur Kocatepe est tout l'inverse : néo-classique ottomane assumée, quatre demi-coupoles et quatre minarets de 88 m, en référence déclarée à la Selimiye d'Edirne.
Où dormir à Ankara ?
Notre choix est le Radisson Blu Ankara Çankaya : 9,2 sur 895 avis, la combinaison la plus solide du segment haut, à 140 €. Pour le lieu plutôt que le standard, le Divan Çukurhan est un caravansérail restauré au pied de la citadelle, à 136 € et 9,2 sur 530 avis. Pour le petit budget avec du volume derrière, Dab Hotel Ulus — 8,4 sur 2 129 avis à 50 € — ou l'Asal, à 46 €.
Quel quartier choisir à Ankara ?
Ulus pour l'histoire, Kızılay pour les transports, Kavaklıdere pour les soirées. Ulus met la citadelle, l'Aslanhane, le temple d'Auguste et le musée à distance de marche. Kızılay est le point zéro : c'est la seule station où se croisent les quatre lignes du réseau, qui fait 67,4 km. Kavaklıdere et l'avenue Tunalı Hilmi concentrent cafés et pâtisseries, avec le Kuğulu Park — 7 743 m² aménagés en 1958 — comme point de repère.
Comment visiter Anıtkabir ?
Comme un lieu de recueillement, parce que c'en est un. Tenue correcte, silence et comportement mesuré sont attendus, et un relève de la garde s'y tient. Le mausolée est né d'un concours international lancé en 1941 — 49 projets reçus de six pays — remporté par Emin Onat et Orhan Arda le 9 juin 1942 ; le chantier a duré de 1944 à 1953. L'allée des Lions fait 262 mètres. Comptez une demi-journée.
Les hammams d'Ankara sont-ils mixtes ?
Non — comme partout en Turquie, le hammam est non mixte par construction : sections séparées ou horaires distincts pour les hommes et pour les femmes. Il n'y a rien à privatiser ni à demander. À Ankara, le plus intéressant est celui de Karacabey, dans le quartier de Hamamönü — dont le nom signifie littéralement « devant le hammam ». Il a été commencé en 1427 et achevé en 1440, restauré en 1988, et c'est l'un des deux seuls hammams historiques encore en activité dans la ville.
Combien de temps rester à Ankara ?
Deux à trois jours. Une journée pleine pour la colline d'Ulus — citadelle, Aslanhane, temple d'Auguste, Hacı Bayram et le Musée des civilisations anatoliennes, qui occupe deux édifices ottomans du XVᵉ siècle. Une demi-journée pour Anıtkabir. Une demi-journée pour Hamamönü et son hammam. Et une soirée à Kavaklıdere.
Quelle est la meilleure période pour visiter Ankara ?
Mai-juin et septembre-octobre. Ankara est à 938 mètres d'altitude, en plein plateau anatolien : ce n'est ni le climat d'Istanbul ni celui de la côte. Les hivers sont froids et neigeux — janvier tourne autour de 0,9 °C de moyenne — et les étés sont secs et chauds. Ces deux fenêtres offrent le meilleur compromis pour une ville qui se visite beaucoup à pied.
Que manger à Ankara ?
L'Ankara tavası : viande et légumes d'abord saisis, puis mélangés à du riz ou à des vermicelles (şehriye) et terminés au four dans leur jus. C'était un plat de mariage, d'enterrement et de fête de quartier avant de devenir un plat de cantine, et il bénéficie d'une indication géographique. Comme partout en Turquie, la viande est halal par défaut. Une précision honnête : nous ne qualifions aucun de nos hôtels de « sans alcool », plusieurs en servent.