Dans le tourbillon incessant de nos fils d’actualité, nos yeux sont sollicités des milliers de fois par jour. Entre les publicités ciblées, les clichés esthétiques d’Instagram et les vidéos virales de TikTok, la notion de Ghad al-Basar, ou l’action de baisser le regard, semble devenue un défi de chaque instant. Ce concept, central dans l’éthique musulmane, ne se limite plus aux rues de nos villes, mais s’étend désormais aux pixels de nos écrans.
Pourtant, la finalité reste la même : protéger la pureté de l’âme et maintenir une connexion sincère avec le Divin. À une époque où l’image est reine, comment concilier vie connectée et pudeur du regard ? Ce n’est pas seulement une question d’interdiction, mais un véritable cheminement vers la sérénité intérieure et la maîtrise de soi dans un monde qui cherche constamment à captiver notre attention.
La profondeur spirituelle du Ghad al-Basar
Le Ghad al-Basar est souvent traduit littéralement par “baisser le regard”. Dans le Coran, Allah s’adresse d’abord aux hommes, puis aux femmes, en leur enjoignant de préserver leur vue et leur pudeur (Sourate An-Nur, versets 30-31). Cette priorité donnée au regard s’explique par le fait que l’œil est la fenêtre du cœur. Ce que nous voyons laisse une empreinte, une trace qui peut soit illuminer notre spiritualité, soit l’assombrir.
Baisser le regard, ce n’est pas fuir le monde ou vivre dans l’obscurité. C’est choisir consciemment ce que l’on laisse entrer dans son jardin intérieur. À l’ère numérique, cela signifie reconnaître que notre attention est une ressource précieuse. Chaque “scroll” infini est une porte ouverte sur des tentations ou des comparaisons inutiles qui nuisent à notre paix intérieure.
Les nouveaux défis du regard sur les réseaux sociaux
Sur Internet, le regard n’est plus seulement attiré par une personne physique, mais par des algorithmes conçus pour nous retenir le plus longtemps possible. La pudeur numérique devient alors un exercice de discipline mentale.
L’illusion de la perfection et l’envie

L’un des pièges majeurs du regard non maîtrisé sur les écrans est la comparaison. En observant sans filtre la vie (souvent mise en scène) des autres, nous risquons de développer de l’insatisfaction. Le Ghad al-Basar nous protège ici du sentiment de manque en nous recentrant sur nos propres bénédictions.
La banalisation des contenus inappropriés

La rapidité de défilement fait que nous sommes parfois exposés à des images impudiques sans l’avoir cherché. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) enseignait que le premier regard (accidentel) est pardonné, mais que c’est le second qui est volontaire. Appliqué au smartphone, cela signifie fermer une application ou passer une vidéo dès que le contenu ne correspond plus à nos valeurs, plutôt que de s’attarder par curiosité.
Conseils pratiques pour une hygiène visuelle numérique
Pour préserver son cœur tout en restant connecté, quelques ajustements concrets peuvent transformer votre expérience en ligne :
- Nettoyer ses abonnements : Désabonnez-vous des comptes qui ne vous apportent aucune valeur spirituelle ou intellectuelle, ou qui stimulent votre ego et vos désirs.
- Activer les filtres de contenu : La plupart des plateformes permettent de restreindre certains mots-clés ou types de publicités. Utilisez-les comme un bouclier.
- L’intention avant la connexion : Avant d’ouvrir une application, demandez-vous : “Pourquoi suis-je ici ?”. Une intention claire limite le vagabondage visuel.
- Créer des zones sans écrans : Aménagez un espace chez vous dédié au calme. Pour beaucoup, s’installer sur un tapis de prière loin de toute technologie est le meilleur moyen de reposer ses yeux et son esprit.
Le dhikr comme rempart contre la distraction
Lorsque le regard est sollicité de toutes parts, la répétition de formules sacrées (le dhikr) permet de ramener l’esprit à l’essentiel. C’est une méthode efficace pour reprendre le contrôle sur ses sens. En tenant un misbaha entre ses doigts, on substitue une habitude machinale (le défilement sur l’écran) par un geste conscient et spirituel.
Ce retour au corps et au moment présent aide à dissiper les images mentales persistantes laissées par une navigation trop longue. Le tasbih devient alors une ancre qui nous ramène du virtuel au réel, de l’agitation à la quiétude.
Sur notre blog :
- Comment encourager les enfants à être tolérants
- L’importance de la sincérité dans l’adoration
- Les mérites de la prière pour le pardon
Conclusion : Vers une vision purifiée
Pratiquer le Ghad al-Basar en 2024 ne signifie pas se déconnecter totalement, mais naviguer avec une conscience éveillée. C’est un acte de résistance spirituelle contre une société de consommation visuelle. En protégeant nos yeux, nous offrons à notre cœur la possibilité de goûter à la douceur de la foi et de la concentration.
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