Pour visiter Alexandrie en 1 journée, concentrez-vous sur quatre lieux et oubliez le reste : la citadelle de Qaitbay le matin, la mosquée Abou al-Abbas al-Mursi juste à côté, les catacombes de Kom el-Shoqafa avec la colonne de Pompée en début d’après-midi, et la Bibliotheca Alexandrina en fin de journée. Le tout tient en une boucle logique, sans course, à condition d’arriver tôt. C’est le seul découpage qui vous laisse le temps de respirer entre deux monuments.
Alexandrie, al-Iskandariyya (الإسكندرية), n’est pas une version côtière du Caire. C’est une autre Égypte. On y parle plus fort, on y mange autrement, on y regarde la Méditerranée comme les Marseillais regardent le Vieux-Port : avec une familiarité un peu insolente. La ville a été grecque, romaine, byzantine, arabe, ottomane, cosmopolite jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle a abrité la plus célèbre bibliothèque de l’Antiquité et l’un des sept merveilles du monde ancien. De tout cela, il ne reste presque rien de visible — et c’est précisément ce qui rend la visite passionnante, à condition d’y venir avec les bonnes clés.
La plupart des voyageurs francophones découvrent Alexandrie en excursion depuis Le Caire. C’est jouable, c’est même ce que font des milliers de visiteurs chaque semaine, mais la journée se gagne ou se perd avant 8 heures du matin. Une heure de retard au départ et vous perdez mécaniquement un site entier. Ce guide est construit pour ça : un déroulé réaliste, des distances réelles, des pauses prévues, et les quelques arbitrages qu’il faut accepter quand on n’a que vingt-quatre heures.
Un mot sur l’esprit du lieu, aussi. Alexandrie est une ville profondément vivante spirituellement, avec des mosquées majeures en plein cœur du circuit touristique. Vous n’aurez jamais à chercher longtemps où accomplir la salat (الصلاة), ni où manger sans poser de questions. C’est un confort que le voyageur musulman sous-estime toujours avant de partir, et qu’il apprécie dès la première journée.
Arriver à Alexandrie : le choix du train change toute la journée

Depuis Le Caire, trois options existent, et elles ne se valent pas.
Le train reste la meilleure solution. Les liaisons express relient la gare de Ramsès au Caire à la gare de Misr à Alexandrie en deux heures trente à trois heures, plusieurs fois par jour, dans des voitures climatisées d’un confort tout à fait correct. Le billet coûte l’équivalent de quelques euros en première classe. Vous partez vers six heures ou six heures trente, vous êtes en ville avant dix heures, et vous repartez le soir sans stress.
Voici l’astuce que personne ne donne : si votre train s’arrête à Sidi Gaber, descendez-y plutôt qu’à Misr quand votre hôtel ou votre premier rendez-vous se trouve à l’est de la ville. Sidi Gaber est plus proche des quartiers résidentiels et de la Corniche orientale. Misr, en revanche, est la bonne gare si vous attaquez par le centre historique, car l’amphithéâtre romain de Kom el-Dikka se trouve à quelques minutes à pied.
La voiture avec chauffeur prend environ trois heures par la route du désert. Elle coûte nettement plus cher mais devient rentable à partir de trois personnes, et surtout elle vous donne une liberté totale sur les horaires. C’est la formule que choisissent la plupart des familles, et de nombreux voyageurs rapportent que le gain de souplesse vaut largement le surcoût quand on voyage avec des enfants.
Le bus longue distance existe, il est bon marché, mais il vous vole une heure à l’aller et une heure au retour. Sur une journée unique, c’est disqualifiant.
Si vous préférez dormir sur place et étaler la visite, notre sélection d’hôtels muslim-friendly à Alexandrie trie les adresses par quartier et par gamme, en signalant celles qui hébergent un bar ou une discothèque dans leur enceinte. Une nuit sur place transforme franchement l’expérience : vous gagnez le coucher de soleil sur la Corniche et le dîner de poisson sans regarder l’heure.
L’itinéraire d’une journée à Alexandrie, heure par heure
| Horaire | Étape | Durée sur place | Trajet vers l’étape suivante |
|---|---|---|---|
| 6h30 – 9h30 | Trajet Le Caire → Alexandrie (train) | — | Taxi gare → Anfouchi, 15-20 min |
| 10h00 – 11h15 | Citadelle de Qaitbay | 1h15 | À pied, 10 min |
| 11h30 – 12h15 | Mosquée Abou al-Abbas al-Mursi | 45 min | À pied, 5 min |
| 12h30 – 14h00 | Déjeuner poisson à Anfouchi | 1h30 | Taxi, 15 min |
| 14h15 – 15h15 | Catacombes de Kom el-Shoqafa | 1h | À pied, 10 min |
| 15h20 – 15h50 | Colonne de Pompée et Serapeum | 30 min | Taxi, 20 min |
| 16h15 – 17h45 | Bibliotheca Alexandrina | 1h30 | À pied, 10 min |
| 18h00 – 19h00 | Corniche, coucher de soleil, thé | 1h | Taxi gare, 15 min |
| 19h30 ou 20h | Train retour vers Le Caire | — | — |
Ce déroulé suppose une chose : vous ne visitez pas le musée gréco-romain ni le palais de Montazah. C’est le sacrifice de la journée, et j’assume de le recommander. Nous y reviendrons.
Le matin appartient à Qaitbay
La citadelle de Qaitbay se dresse à l’extrémité de la presqu’île d’Anfouchi, posée sur l’eau, entourée de pêcheurs et de gamins qui plongent depuis les rochers. Arrivez-y en ouverture : la lumière du matin sur la pierre calcaire et la Méditerranée est la meilleure de la journée, et la foule égyptienne, elle, arrive après midi.
Le sultan mamelouk al-Ashraf Qaitbay l’a fait édifier à la fin des années 1470 pour protéger la ville des incursions ottomanes. Mais l’intérêt du lieu est ailleurs : la forteresse occupe l’emplacement exact du phare d’Alexandrie, l’une des sept merveilles du monde antique, effondré au fil des tremblements de terre médiévaux. Les bâtisseurs ont réemployé les blocs tombés du phare dans les murailles. Autrement dit, vous marchez littéralement dans les ruines recyclées de la merveille disparue.
Regardez les colonnes de granit rose encastrées horizontalement dans la maçonnerie, près de l’entrée : elles ne viennent pas d’une carrière locale. Ce granit-là vient d’Assouan, à mille kilomètres au sud, et il a servi deux fois à deux civilisations différentes. Les guides pressés passent devant sans rien dire.
Comptez une bonne heure. La montée sur les terrasses supérieures offre le panorama qui justifie le déplacement : le port est, la flotte de barques bleues, et la ligne de la Corniche qui s’étire vers l’horizon. Les retours de voyageurs convergent sur un point : c’est ici qu’on comprend enfin pourquoi Alexandre a choisi cet endroit précis.
Abou al-Abbas al-Mursi, le cœur andalou d’Anfouchi

À dix minutes à pied de la citadelle, la mosquée Abou al-Abbas al-Mursi domine la place du même nom avec sa masse crème et ses quatre coupoles. C’est le lieu le plus important d’Alexandrie pour le visiteur musulman, et curieusement l’un des plus négligés par les circuits classiques.
Le personnage mérite qu’on s’y arrête. Abou al-Abbas al-Mursi était un savant andalou né à Murcie au XIIIe siècle, disciple puis successeur d’Abou al-Hasan al-Shadhili, fondateur de la voie shadhilie. Il a quitté l’Espagne musulmane pour s’installer à Alexandrie, y a enseigné pendant des décennies, et y est mort à la fin des années 1280. Son mausolée est devenu le pôle spirituel du quartier, puis de la ville entière.
L’édifice actuel, lui, est moderne : il a été reconstruit dans la première moitié du XXe siècle sur les plans de l’architecte italien Mario Rossi, qui signa plusieurs des grandes mosquées égyptiennes de cette période. Plan octogonal, minaret élancé de plus de soixante-dix mètres, stucs et bois travaillés à l’andalouse. Le résultat est d’une élégance rare, et il dialogue directement avec l’héritage de celui qu’il abrite.
En pratique : tenue couvrante pour tous, foulard pour les femmes, chaussures retirées à l’entrée. L’accès est libre en dehors des temps de prière, et personne ne vous demandera rien. Si vous arrivez vers midi, vous pouvez tout simplement accomplir la prière de dhouhr sur place — c’est de loin la plus belle façon de visiter une mosquée. Pour orienter votre prière ailleurs dans la journée, la boussole Qibla en ligne fonctionne très bien depuis un téléphone, et les horaires de prière par ville vous donneront les créneaux exacts pour Alexandrie, qui décalent de quelques minutes par rapport au Caire.

À cent mètres de là, la mosquée Terbana mérite un détour de dix minutes si vous êtes en avance. Construite à la fin du XVIIe siècle, elle repose sur des colonnes de granit romaines réemployées, visibles depuis la rue. Alexandrie entière tient dans ce détail : chaque couche s’appuie sur la précédente.
Midi : le poisson d’Anfouchi, l’affaire de la journée
Ne déjeunez pas ailleurs. Le quartier d’Anfouchi, juste derrière la mosquée, concentre les meilleures tables de poisson de la ville, et le fonctionnement y est toujours le même : vous choisissez votre poisson sur la glace, au poids, on vous le grille ou on le frit, et on vous l’apporte avec du pain baladi, de la salade tahina, du riz aux fruits de mer et des petites entrées qui arrivent sans qu’on les ait commandées.
Kadoura et Abou Ashraf sont les deux institutions du genre, ouvertes depuis des décennies, bruyantes, populaires, parfaites. Le décor est inexistant, le poisson est irréprochable. Comptez une addition très raisonnable : Alexandrie reste l’une des villes les moins chères de Méditerranée pour un repas de cette qualité, et le budget d’un voyage en Égypte s’en ressent agréablement sur la durée.
Un mot sur la question halal, qui ne se pose tout simplement pas ici. L’Égypte compte une écrasante majorité musulmane — les travaux du Pew Research Center sur la démographie religieuse mondiale la situent autour de neuf habitants sur dix — et l’ensemble de la restauration populaire alexandrine fonctionne sans alcool ni viande douteuse. Le poisson règle la question de toute façon. Vous mangez, vous ne demandez rien, vous êtes tranquille.
Si vous préférez le petit-déjeuner égyptien au déjeuner de poisson, Mohamed Ahmed, dans le centre, sert depuis des générations le meilleur ful medames et la meilleure ta’amia de la ville. C’est l’option économique et locale par excellence, mais elle vous éloigne du circuit d’Anfouchi. À vous de voir ce que vous cherchez.
L’après-midi souterrain : Kom el-Shoqafa et la colonne de Pompée
Changement radical d’ambiance. Cap sur le quartier de Karmouz, à un quart d’heure de taxi vers le sud-ouest.

Les catacombes de Kom el-Shoqafa sont la découverte archéologique la plus improbable d’Alexandrie : en 1900, un âne s’enfonce dans le sol et révèle un complexe funéraire romain de trois niveaux, creusé au IIe siècle de notre ère, resté scellé pendant dix-sept siècles. On y descend par un puits en spirale, et l’air se rafraîchit de plusieurs degrés en quelques marches.
Ce qu’il faut regarder, c’est le mélange stylistique, unique au monde. Les défunts sont représentés en costume romain, mais les dieux qui les accompagnent sont égyptiens, et les serpents gardiens portent des couronnes grecques. Anubis y apparaît habillé en légionnaire romain. Dans une même sculpture cohabitent trois civilisations qui, partout ailleurs, s’ignoraient. Aucun autre site en Égypte ne montre cette fusion avec cette netteté.
Prévoyez une heure, éclairage compris. Les niveaux inférieurs sont partiellement noyés par la nappe phréatique et l’accès y est régulé ; ne comptez pas descendre jusqu’au fond.
À dix minutes à pied, la colonne de Pompée dresse ses vingt-sept mètres de granit rose d’Assouan, taillés dans un unique bloc. Le nom est une erreur historique tenace : la colonne n’a rien à voir avec Pompée, elle a été érigée à la fin du IIIe siècle en l’honneur de l’empereur Dioclétien, et les croisés se sont trompés de personnage. Elle se dresse sur les vestiges du Serapeum, le grand temple de Sérapis, qui abritait la bibliothèque-fille de la fameuse bibliothèque antique.
Une demi-heure suffit largement. Le site est en plein air, peu ombragé, et l’intérêt tient surtout dans la stupéfaction d’échelle : un monolithe de cette taille, transporté depuis Assouan, dressé sans machine moderne. Les sphinx de granit disposés au pied ajoutent une jolie mise en scène.
La Bibliotheca Alexandrina, ou l’art de rebâtir un mythe

Fin de journée, retour vers la mer. La Bibliotheca Alexandrina, inaugurée en 2002 après plus de quinze ans de chantier soutenu par l’UNESCO et le gouvernement égyptien, est le bâtiment contemporain le plus audacieux d’Égypte. Le cabinet norvégien Snøhetta a remporté le concours international avec une idée d’une simplicité désarmante : un disque incliné vers la Méditerranée, comme un soleil qui se lève ou un œil qui regarde vers le large.
La salle de lecture principale déploie onze niveaux en cascade sous une verrière géante. Le mur extérieur, en granit gris d’Assouan — encore lui —, est gravé de caractères puisés dans plus de cent vingt systèmes d’écriture du monde entier. Vous y trouverez de l’arabe, du chinois, du braille, des hiéroglyphes, du thaï, des runes. L’intention est limpide : la bibliothèque antique ne se reconstruit pas, mais son ambition universaliste, si.
Le complexe abrite aussi plusieurs musées, dont un espace consacré aux manuscrits et un autre aux antiquités découvertes lors des fouilles du chantier. Une heure et demie permet de voir l’essentiel sans se disperser.
Attention aux horaires : le week-end égyptien tombe le vendredi et le samedi, et les ouvertures diffèrent de celles de la semaine. Vérifiez la veille, c’est le seul vrai piège logistique de cette journée.
Puis sortez, traversez, et asseyez-vous face à l’eau. La Corniche au coucher du soleil, avec les familles alexandrines qui sortent prendre le frais, les vendeurs de maïs grillé et les mouettes, vaut n’importe quel monument. C’est le moment où la ville cesse d’être un site archéologique et redevient simplement une ville.
Ce que vous allez devoir sacrifier, et pourquoi
Une journée à Alexandrie, c’est un exercice de renoncement. Voici les arbitrages, classés par ordre de regret.

Le palais et les jardins de Montazah, à l’extrémité est de la Corniche, sont magnifiques — ancienne résidence d’été royale, parc immense, plages privées. Mais ils sont à trois quarts d’heure de taxi du centre historique. Impossible à caser sans amputer autre chose. Gardez-les pour un séjour de deux jours.
Le musée gréco-romain, rouvert après une très longue restauration, est excellent et abrite des dizaines de milliers de pièces. Il mérite deux heures pleines. Si l’archéologie est votre passion première, échangez-le contre la Bibliotheca Alexandrina — mais sachez que vous perdrez alors le seul bâtiment contemporain remarquable de la ville.
L’amphithéâtre romain de Kom el-Dikka, seul théâtre romain conservé d’Égypte avec ses gradins de marbre, est en revanche facile à glisser : il est à cinq minutes de la gare de Misr. Si votre train arrive tôt ou repart tard, vingt minutes suffisent pour le voir.
Le tramway d’Alexandrie, en service depuis les années 1860 et considéré comme le plus ancien d’Afrique, fait partie du folklore local. Une partie du réseau a fait l’objet de travaux lourds ces dernières années : renseignez-vous sur place avant de compter dessus pour vos déplacements. Les taxis et les applications de VTC restent de toute façon plus rapides et dérisoirement bon marché.
Quand venir, et les détails qui font la différence
| Période | Ambiance | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Mars à mai | Idéale | Douceur méditerranéenne, lumière parfaite, fréquentation raisonnable |
| Juin à août | Saturée | Pic du tourisme intérieur égyptien, Corniche et plages bondées, hôtels chers |
| Septembre à novembre | Excellente | Mer encore chaude, chaleur retombée, meilleure fenêtre après le printemps |
| Décembre à février | Calme et venteuse | Seule ville d’Égypte où il pleut vraiment ; prévoyez une veste |
La règle est simple : Alexandrie se visite au printemps ou à l’automne, et surtout pas en août. C’est l’inverse du réflexe européen, parce que les Égyptiens eux-mêmes fuient la chaleur du Caire vers la côte pendant l’été. Notre page sur la meilleure période pour voyager en Égypte détaille les nuances région par région, la logique étant très différente pour la mer Rouge ou la Haute-Égypte.
Trois points pratiques que les voyageurs découvrent toujours trop tard.
Le baignade. Les plages alexandrines sont publiques et très fréquentées par les familles. De nombreuses Égyptiennes se baignent habillées, et le burkini n’attire aucun regard. Vous êtes dans un contexte nettement plus détendu que dans un resort international, et plus confortable pour qui tient à la pudeur.
La connexion. Une carte SIM locale ou une eSIM activée avant le départ vous évite de dépendre du wifi des cafés, qui est irrégulier. Notre guide forfait et Internet en Égypte compare les opérateurs et les couvertures, y compris sur la côte. Avec une application de VTC qui fonctionne, vous divisez par deux le temps perdu en négociations de taxi.
Les formalités. Le visa s’obtient à l’arrivée ou en ligne, sans difficulté particulière pour les ressortissants français, belges ou suisses, mais les modalités évoluent : vérifiez les conditions à jour sur notre page visa et formalités pour l’Égypte avant de réserver vos vols. Et prenez le réflexe des invocations à connaître avant de partir en voyage : c’est une habitude modeste, mais elle change la façon dont on aborde un déplacement.
Alexandrie ne se raconte pas non plus toute seule. Elle prend tout son sens en contrepoint du Caire et de son héritage islamique, qui incarne l’autre visage du pays : dense, monumental, spirituellement central. Et si vous construisez un séjour complet, le guide voyage halal en Égypte articule les six destinations majeures du pays selon le temps dont vous disposez. Pour explorer plus largement, le hub voyage et pratique musulmane regroupe l’ensemble de nos outils et de nos destinations.
Les classements internationaux du tourisme musulman, à commencer par le Global Muslim Travel Index publié chaque année par Mastercard et CrescentRating, placent régulièrement l’Égypte parmi les destinations les plus accueillantes du bassin méditerranéen pour les voyageurs pratiquants. Alexandrie en est probablement la meilleure démonstration : vous n’y adaptez rien, la ville est déjà adaptée.
Vingt-quatre siècles, quatre monuments, un déjeuner de poisson et un coucher de soleil sur la Méditerranée. Le phare a disparu, la grande bibliothèque a brûlé, les rois sont partis. Ce qui reste tient debout quand même — et c’est exactement ce qu’on vient chercher ici.
