L’extension des Deux Saintes Mosquées désigne l’ensemble des travaux d’agrandissement menés depuis un siècle sur la Mosquée sacrée de La Mecque et sur la mosquée du Prophète à Médine, afin de faire passer leur capacité d’accueil de quelques dizaines de milliers de fidèles à plusieurs millions. Concrètement, la Mosquée sacrée est passée d’environ 30 000 mètres carrés à l’époque ottomane à une emprise dépassant aujourd’hui les 750 000 mètres carrés avec ses esplanades et ses services, et sa capacité vise désormais plus de deux millions de personnes en pointe.
Ces chiffres impressionnent, mais ils ne disent pas grand-chose de ce qui se joue vraiment. Derrière chaque phase de travaux, il y a une réalité très concrète : un pèlerin qui, en 1970, franchissait une porte ottomane et voyait la Kaaba à quelques dizaines de mètres, et un pèlerin qui, aujourd’hui, entre par un hall climatisé, monte un escalator, longe un couloir de marbre et découvre la Kaaba depuis un troisième niveau, minuscule au fond d’un puits de lumière. Ce n’est pas la même expérience. Ce n’est pas le même rapport à l’espace, ni à la foule.
La plupart des articles francophones sur le sujet se contentent d’aligner des dates de règne et des superficies. C’est utile, mais insuffisant. Ce dossier retrace évidemment la chronologie, parce qu’elle éclaire beaucoup de choses, mais il répond surtout aux questions que se pose vraiment quelqu’un qui s’apprête à partir : où prier quand tout est plein, pourquoi le tawaf se fait désormais sur plusieurs étages, ce que les chantiers en cours vont changer dans les prochaines années, et comment organiser son séjour dans deux sanctuaires qui sont, depuis soixante-dix ans, en travaux quasi permanents.
Quatorze siècles d’agrandissements : une habitude, pas une nouveauté
Il faut le dire d’emblée, parce que le débat contemporain sur la modernisation de La Mecque l’oublie souvent : agrandir la Mosquée sacrée est une pratique aussi ancienne que l’islam lui-même.
À l’origine, la Kaaba était entourée d’un simple espace dégagé, bordé de maisons. C’est le calife Omar ibn al-Khattab qui rachète les habitations voisines pour créer une première enceinte, suivi par Othman ibn Affan qui y ajoute des galeries couvertes. Le calife omeyyade Al-Walid ibn Abd al-Malik remplace ensuite les colonnes de bois par du marbre et fait ériger un minaret. Puis viennent les Abbassides : Al-Mansour au milieu du VIIIe siècle, Al-Mahdi vers 779, qui achète et démolit tout un quartier entre la mosquée et le parcours de Safa et Marwa pour l’intégrer à l’enceinte.
Autrement dit, dès les deux premiers siècles de l’islam, on démolit des maisons autour du sanctuaire pour faire de la place. Le principe d’acheter, de raser et d’étendre n’a pas été inventé par l’Arabie saoudite au XXe siècle. Ce qui a changé, c’est l’échelle et la vitesse.
Suit une très longue parenthèse. Des Fatimides aux Ottomans, on restaure, on consolide, on répare après les crues et les incendies, mais on n’étend plus. Le sanctuaire que découvrent les voyageurs européens du XIXe siècle, comme Richard Burton en 1853, est essentiellement l’ouvrage ottoman du XVIe siècle : une cour rectangulaire ceinte de galeries à coupoles, sept minarets, une trentaine de milliers de mètres carrés. Une taille de grande mosquée régionale. Rien qui puisse absorber un pèlerinage de masse.
Et le pèlerinage de masse arrive. Le bateau à vapeur, puis l’avion, puis la démocratisation du transport aérien transforment une expédition de plusieurs mois en un vol de quelques heures. Le nombre de pèlerins passe de quelques dizaines de milliers par an au début du XXe siècle à plus de deux millions pour le seul Hajj aujourd’hui, auxquels s’ajoutent des dizaines de millions de visiteurs pour la Omra tout au long de l’année. Le bâtiment ottoman devenait mathématiquement intenable.
L’ère saoudienne : trois expansions qui ont redessiné La Mecque

L’histoire moderne du Masjid al-Haram (المسجد الحرام) se lit en trois grandes phases, chacune associée à un souverain, chacune répondant à une saturation devenue insupportable.
La première expansion : sortir du cadre ottoman
Lancée en 1955 sous le roi Abdelaziz et poursuivie par son fils Saoud, elle constitue une rupture. On démolit une partie des structures périphériques, on construit des galeries sur deux niveaux en béton armé habillé de marbre, on modernise les installations sanitaires et les espaces d’ablution. Surtout, on intègre le masa, le parcours entre les collines de Safa et Marwa, à l’intérieur de l’enceinte de la mosquée — un choix architectural lourd de conséquences, puisqu’il fait entrer un rite entier sous le toit du sanctuaire.
Au début des années 1960, la surface totale approche les 200 000 mètres carrés et la capacité les 400 000 fidèles. En moins de dix ans, le sanctuaire a été multiplié par six.
L’expansion du roi Fahd : le sanctuaire devient une machine

Entre 1982 et 1988, un nouveau chantier porte la superficie à plus de 356 000 mètres carrés, pour une capacité dépassant le million de personnes en pointe. C’est de cette période que date l’aile du roi Fahd, reconnaissable à ses portes monumentales et à sa coupole, ainsi que le sous-sol et la terrasse aménagée pour la prière.
C’est aussi le moment où le sanctuaire devient une infrastructure technique : climatisation à grande échelle, réseaux d’eau, gestion électrique, sécurité incendie. On ne construit plus seulement une mosquée, on construit un système capable d’absorber une foule qui se déplace, mange, boit, prie et circule vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
La troisième expansion : celle que vous voyez aujourd’hui
C’est la plus vaste de toute l’histoire du lieu. Annoncée par le roi Abdallah, lancée dans les faits en 2011 et inaugurée par le roi Salmane en 2015, elle ajoute environ 400 000 mètres carrés au nord et au nord-ouest du sanctuaire, sur des terrains rachetés à prix considérable. L’Agence de presse saoudienne évoque un investissement global de l’ordre de 80 milliards de riyals pour l’ensemble du programme.
Les éléments les plus visibles pour un visiteur :
- Une aile nouvelle de plusieurs niveaux, avec vingt-deux coupoles dont douze en verre mobile qui s’ouvrent pour ventiler et laisser entrer la lumière naturelle
- Quatre minarets supplémentaires, portant la silhouette du sanctuaire à onze
- Un élargissement radical du mataf (مطاف), la zone de circumambulation autour de la Kaaba, dont le débit horaire est passé d’environ 50 000 à plus de 130 000 personnes
- Un masa considérablement élargi, d’environ 29 400 à près de 87 000 mètres carrés, avec des voies séparées pour les fauteuils roulants
- Un réseau de tunnels d’environ 5 300 mètres, dont un réservé aux secours et à la sécurité
- Des portes motorisées dont certains vantaux pèsent près de dix-huit tonnes
Le tableau ci-dessous résume la trajectoire du sanctuaire mecquois. Les chiffres varient légèrement selon les sources officielles et les périodes de comptage : ils doivent se lire comme des ordres de grandeur, pas comme des mesures au mètre près.
| Période | Souverain | Superficie approximative | Capacité en pointe |
|---|---|---|---|
| XVIe siècle (ottoman) | Sultans ottomans | ~30 000 m² | quelques dizaines de milliers |
| 1955 – années 1960 | Abdelaziz puis Saoud | ~200 000 m² | ~400 000 fidèles |
| 1982 – 1988 | Fahd | ~356 000 m² | plus d’un million |
| 2011 – 2015 et suite | Abdallah puis Salmane | ~750 000 m² avec services | plus de deux millions visés |
Ce que ce tableau ne montre pas, c’est le rythme. En soixante-dix ans, la Mosquée sacrée a été agrandie davantage qu’en treize siècles. Cette accélération explique à la fois la prouesse et les critiques.
Médine : la mosquée du Prophète a suivi le même chemin

Le Masjid an-Nabawi (المسجد النبوي) a connu une trajectoire parallèle, avec un décalage de quelques années.
Le premier grand chantier saoudien, sous le roi Abdelaziz, porte la mosquée à un peu plus de 16 000 mètres carrés pour environ 28 000 fidèles. Le roi Fayçal ajoute en 1973 une aire de prière à l’ouest, réponse d’urgence à l’explosion des visites. Puis vient la grande transformation : entre 1984 et 1993, sous le roi Fahd, environ 82 000 mètres carrés sont ajoutés à l’est, à l’ouest et au nord, portant la surface couverte à près de 98 000 mètres carrés et la capacité intérieure à environ 178 000 personnes, terrasses comprises.
C’est aussi de cette époque que datent les cours extérieures, qui représentent à elles seules plus de 200 000 mètres carrés et absorbent plusieurs centaines de milliers de fidèles aux heures de pointe. Le roi Abdallah y fait installer 250 ombrelles motorisées, qui s’ouvrent et se ferment automatiquement, complétées par plus de 400 brumisateurs qui rafraîchissent l’air. Si vous avez déjà prié sur une esplanade de Médine à midi en juillet, vous savez que ces ombrelles ne sont pas un gadget.
En 2012 est lancée la troisième expansion, la plus ambitieuse jamais entreprise sur ce sanctuaire, avec pour objectif affiché de faire passer la capacité d’environ un million à un chiffre situé, selon les communications officielles successives, entre 1,6 et 2 millions de fidèles. Les travaux se déploient par phases et se poursuivent aujourd’hui.
| Étape | Période | Apport principal | Capacité atteinte |
|---|---|---|---|
| Première expansion saoudienne | années 1950 | galeries, entrées, sanitaires | ~28 000 fidèles |
| Aire de prière ouest | 1973 | extension d’urgence | ~ 50 000 fidèles |
| Deuxième expansion | 1984 – 1993 | +82 000 m², terrasses, cours | ~ 178 000 à l’intérieur |
| Ombrelles et cour est | années 2000 | 250 ombrelles, brumisateurs | ~707 000 au total |
| Troisième expansion | depuis 2012 | extension nord et services | 1,6 à 2 millions visés |
Ce que l’extension change concrètement le jour où vous arrivez
C’est ici que la plupart des articles s’arrêtent, et c’est précisément ici que ça devient intéressant.
Vous n’entrerez probablement pas par où vous croyez. Les pèlerins qui reviennent le disent tous : la première erreur consiste à retenir « la porte du roi Fahd » ou « la porte du roi Abdelaziz » comme repère unique. Avec les nouvelles ailes, les tunnels et les passages piétons surélevés, le sanctuaire compte des dizaines d’accès, et l’entrée la plus proche de votre hôtel n’est presque jamais celle que vous imaginiez. Le réflexe utile est de photographier le numéro de la porte par laquelle vous êtes entré, systématiquement, dès le premier jour.
Le tawaf (طواف) ne se fait plus seulement au rez-de-chaussée. L’élargissement du mataf a beaucoup amélioré le débit, mais aux heures de pointe — après la prière du maghrib, les vendredis, et évidemment pendant le Ramadan — la zone au ras de la Kaaba reste saturée. Les niveaux supérieurs et la terrasse permettent d’accomplir les sept tours dans des conditions bien plus sereines, au prix d’un parcours nettement plus long. Un tour en terrasse peut représenter cinq à six fois la distance d’un tour dans le mataf. Ceux qui découvrent cela sur place, sans l’avoir anticipé, terminent épuisés. Si c’est votre premier séjour, notre guide sur la préparation du tawaf et la gestion de la foule vous évitera cette mauvaise surprise, et le détail complet des rites est repris dans notre dossier sur les étapes du rituel de la Omra.
Le saï (سعي) est devenu une promenade climatisée. Le triplement de la surface du masa, la séparation des flux et l’ajout de voies dédiées aux personnes à mobilité réduite ont transformé un rite autrefois éprouvant en un parcours fluide. C’est sans doute l’amélioration la plus unanimement saluée par les pèlerins âgés.
Les distances ont augmenté. C’est le revers mécanique de l’agrandissement. Un hôtel « à cinq minutes du Haram » peut signifier cinq minutes jusqu’à une porte, puis douze minutes de marche à l’intérieur pour atteindre un espace de prière disponible. Multipliez par cinq prières quotidiennes et vous comprenez pourquoi le choix de l’hébergement pèse autant sur la fatigue du séjour. Nos sélections d’hôtels proches de la Mosquée sacrée et d’hébergements à Médine raisonnent justement en temps de marche réel, pas en distance à vol d’oiseau.
| Situation | Où aller | Ce qu’il faut prévoir |
|---|---|---|
| Heures creuses (milieu de matinée, après icha tardif) | Mataf, rez-de-chaussée | Rien de particulier |
| Après maghrib, vendredi | Premier niveau ou terrasse | Parcours 3 à 6 fois plus long |
| Ramadan, dix derniers jours | Terrasse, esplanades extérieures | Arriver plusieurs heures avant |
| Mobilité réduite | Voies dédiées du mataf et du masa | Réserver un fauteuil en amont |
| Famille avec enfants | Zones latérales, jamais le centre | Point de rendez-vous fixe convenu |
Un dernier point que personne ne mentionne : les horaires de prière du sanctuaire ne coïncident pas toujours avec ceux de votre application. Le Haram suit son propre calcul et son propre iqama. Consulter les horaires de prière officiels à La Mecque avant de partir vous évite d’arriver quarante minutes trop tôt ou, pire, deux minutes trop tard dans une foule déjà compacte.
La question du patrimoine : ce que le débat dit vraiment
Il serait malhonnête de présenter ces chantiers uniquement sous l’angle de la prouesse. Depuis une vingtaine d’années, des historiens, des architectes et des associations de préservation alertent sur la disparition du tissu ancien de La Mecque et de Médine : maisons ottomanes, portiques historiques, quartiers entiers rachetés puis rasés. Des travaux universitaires publiés dans des revues d’études islamiques et des enquêtes menées par la presse internationale, notamment britannique, ont documenté cette transformation.
Les arguments des deux camps méritent d’être entendus sans caricature.
D’un côté, les autorités saoudiennes rappellent une évidence arithmétique : on ne peut pas accueillir deux millions de personnes dans un bâtiment conçu pour trente mille. Les bousculades meurtrières qui ont endeuillé le pèlerinage à plusieurs reprises ont montré ce que coûte la saturation. Élargir le mataf, séparer les flux, multiplier les sorties de secours, ce ne sont pas des choix esthétiques, ce sont des décisions de sécurité publique. Et la démolition-extension, on l’a vu, est attestée dès le VIIIe siècle.
De l’autre, les défenseurs du patrimoine soulignent que la vitesse et l’ampleur des chantiers récents n’ont pas d’équivalent historique, et qu’une part de la mémoire matérielle des lieux a disparu sans relevé archéologique systématique. Ils pointent aussi la verticalisation commerciale des abords : tours hôtelières, centres commerciaux, une skyline qui écrase visuellement le sanctuaire.
Notre position, puisque cet article en prend une : les deux constats sont exacts et ne s’annulent pas. Les extensions étaient nécessaires, elles ont sauvé des vies, et il est légitime de regretter que la préservation du bâti ancien n’ait pas été traitée avec la même ambition que l’ingénierie. Si le sujet vous intéresse, notre dossier consacré aux mosquées historiques que l’on ne visite jamais montre à quel point l’architecture religieuse musulmane a été, ailleurs aussi, un enjeu de transmission.
Les chantiers en cours et ce qui vous attend dans les prochaines années
L’extension n’est pas terminée. Elle ne le sera probablement jamais tout à fait, tant que la fréquentation continuera de croître.
Le programme national saoudien affiche l’objectif d’accueillir un volume de pèlerins de Omra très supérieur à celui d’aujourd’hui d’ici la fin de la décennie. Cette ambition suppose bien plus qu’un agrandissement de mosquée : elle mobilise l’aéroport de Djeddah, le train à grande vitesse reliant les villes saintes, l’hôtellerie et les infrastructures de transport urbain.
Côté sanctuaire, plusieurs chantiers structurent la période en cours. Les phases restantes de la troisième expansion se poursuivent à La Mecque comme à Médine, avec l’ouverture progressive de nouvelles salles de prière — l’Agence de presse saoudienne a par exemple annoncé l’ouverture de dizaines de salles supplémentaires à l’occasion d’un Ramadan récent. En parallèle, un vaste projet d’aménagement urbain baptisé « Portail du roi Salmane » a été annoncé pour les abords immédiats du sanctuaire : plusieurs millions de mètres carrés mêlant résidentiel, culturel et services, avec la capacité d’absorber plusieurs centaines de milliers de personnes supplémentaires dans les espaces attenants.
Ce que cela signifie pour vous, très concrètement : si vous partez dans les prochaines années, attendez-vous à trouver des zones en travaux, des accès temporairement fermés et une signalétique qui change d’une saison à l’autre. Ce n’est ni un dysfonctionnement ni un mauvais calendrier de votre part, c’est l’état normal du lieu depuis 1955. Les pèlerins expérimentés ont intégré ce paramètre : ils vérifient les accès la veille, ils gardent une marge de temps, et ils évitent de calquer leur itinéraire sur les repères d’un voyage précédent.
Préparer sa visite dans un sanctuaire qui change en permanence
Quelques principes simples, tirés des retours qui reviennent le plus souvent chez ceux qui reviennent d’un séjour récent.
Choisissez votre période en connaissance de cause. Un sanctuaire deux fois plus grand reste saturé pendant les pointes. Les dix derniers jours du Ramadan et les semaines encadrant le Hajj concentrent une affluence sans commune mesure avec le reste de l’année. Notre analyse des meilleures périodes pour partir en Omra détaille les fenêtres les plus confortables, et si vous visez précisément le mois sacré, notre guide dédié à la Omra pendant le Ramadan explique ce que cette affluence implique réellement.
Repérez la géographie avant d’arriver. Dix minutes passées sur un plan du sanctuaire, la veille du départ, valent une heure d’errance sur place. Identifiez la porte la plus proche de votre hôtel, l’accès au niveau supérieur, et la localisation des espaces réservés aux femmes, qui ont été redessinés lors des dernières phases de travaux.
Adaptez vos attentes spirituelles à l’espace réel. Beaucoup de pèlerins racontent une forme de déception au premier contact : ils avaient imaginé une intimité avec la Kaaba, ils découvrent une foule dense et un bâtiment immense. Ceux qui vivent le mieux ce moment sont ceux qui l’ont anticipé, et qui ont préparé leur intention autant que leur valise. Les règles de comportement dans un lieu de prière, que nous détaillons dans notre article sur les adab de la mosquée, prennent une importance particulière dans un espace où deux millions de personnes coexistent.
Enfin, distinguez bien les deux pèlerinages dans votre préparation. Les contraintes ne sont pas les mêmes : le Hajj obéit à un calendrier fixe, à des quotas nationaux et à un circuit imposé — notre page sur le quota français pour le Hajj explique le fonctionnement du système d’attribution, et l’ensemble des informations pratiques est regroupé sur notre hub consacré au Hajj. La Omra, elle, se pratique toute l’année et laisse une liberté d’organisation bien plus grande, comme le montre notre dossier complet sur la Omra. Pour le reste — outils de calcul, guides destinations, ressources pratiques — tout est réuni sur le portail du musulman francophone.
Il y a une image qui revient souvent chez ceux qui ont connu les deux époques : celle du pèlerin des années 1970 qui, en franchissant la porte, voyait immédiatement la Kaaba, et de celui d’aujourd’hui qui marche plusieurs minutes avant de l’apercevoir. On peut y lire une perte. On peut aussi y lire autre chose. Cette marche supplémentaire, ces couloirs de marbre traversés au milieu de gens venus de cent pays, c’est peut-être le vrai visage contemporain du pèlerinage : une foule immense qui converge lentement vers un point minuscule et immuable. Les mosquées ont grandi. Ce qu’elles entourent n’a pas bougé d’un centimètre.
